Utilisation des dérobées en elevage ovin : article Jura agricole

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Utilisation des dérobées en elevage ovin : article Jura agricole

Message  sarahya81 le Mer 18 Nov - 10:55

Pour celles et ceux que cela peut interesser...

" Utilisation des dérobées en élevage ovin
Colza fourrager

Anne-Hélène Bunod, Chambre d’agriculture de Franche-Comté, pour le réseau ovin du Grand Est
Jura agricole et rural
Publié le: 24 juillet 2009
Page 7

Les cultures dérobées offrent des possibilités intéressantes pour réduire les coûts alimentaires des ovins à l’automne CIIRPO

À l’automne, les cultures dérobées peuvent être judicieusement valorisées par l’atelier ovin : le recours à ces fourrages de qualité évite d’entamer les stocks hivernaux et permet de limiter les quantités de concentré consommées.


En zones vulnérables, la Directive nitrate impose l’implantation de cultures intermédiaires (Cipan) entre la moisson et les semis de printemps. Par contre, l’utilisation de ces cultures est réglementée par arrêté préfectoral et il est impératif d’en prendre connaissance. La période d’utilisation de ce type d’aliment (automne), correspond à un aliment de bonne qualité, qui répond aux besoins de certains animaux, tout en restant au pâturage.

On peut très bien utiliser ce fourrage pour une préparation de la fin de gestation en système bergerie, voire en système herbe pour un flushing et finir à moindre coût les agneaux gris. Face à l’augmentation des charges, le Réseau d’élevage ovin s’interroge sur les solutions techniques envisageables dans les systèmes cultures de ventes - ateliers ovins avec ou sans SFP.

Les cultures dérobées sont à réserver aux terres ayant un bon pouvoir de rétention permettant de produire une masse de fourrage intéressante pour l’automne et même pour l’hiver. Il existe de multiples espèces utilisables. Dans nos zones climatiques, les principales cultures à implanter sont le colza fourrager, le chou fourrager, la betterave fourragère, le navet ou encore l’avoine.

Le colza fourrager nous semble être le plus intéressant par sa rusticité, sa facilité d’implantation, son prix de revient faible, son bon potentiel de rendement et sa qualité nutritionnelle.

L’exemple du colza fourrager

La rapidité d’implantation du colza est la clé de sa réussite. Il est à semer le plus tôt possible après la moisson, avant que le sol ne soit trop desséché. Le colza fourrager doit être semé vers le 15 juillet, à raison de 6 à 10 kg par hectare.

Le semis sous couvert à la volée avant moisson est envisageable pour une utilisation plus précoce mais avec un rendement hétérogène. Comme le colza grains, le fourrager est sensible aux dégâts occasionnés par les limaces et les insectes. Le semis direct, dès retrait des pailles, est la solution qui présente les meilleures garanties d’implantation. En plus des reliquats d’azote, prévoir un apport de 60 à 70 unités par hectare à partir du stade 2 feuilles.

Son utilisation est possible 8 à 10 semaines après le semis, soit à partir de mi-septembre. En fonction des dates et des modes de récolte (pâture ou vert), les rendements varient de 1,5 tonne à 4 tonnes de matière sèche. La pluviométrie est le facteur le plus limitant.

Premier cas de figure, une utilisation en pâturage pour les brebis en fin de gestation. Compte tenu de sa forte teneur en eau, il faudra mettre à disposition du fourrage sec simultanément. Pour les deux semaines de fin de gestation, il faut compter 7 à 8 kg brut de colza par brebis soit 5 m2/brebis/jour pour un rendement de 2,5 tonnes MS/ha. Le pâturage au fil est obligatoire. Un hectare de colza peut permettre d’alimenter 30 brebis pendant un mois. Pas de distribution de concentrés en complément.

Second cas de figure, l’alimentation des brebis en lactation. L’affouragement en vert est alors obligatoire et nécessite un équipement particulier (récolte au champ). Ces rations nécessitent un fort paillage, car le colza contient 85 % d’eau.

Enfin, la finition d’agneaux sur colza fourrager est tout à fait possible à condition d’introduire les animaux sur la parcelle pour les quatre à cinq dernières semaines de finition. Ils prendront ainsi les 7 à 10 kg nécessaires et fourniront des carcasses de qualité. Les agneaux pâturent le colza à volonté (jour et nuit) sans transition alimentaire particulière.

À l’introduction dans la parcelle, les animaux pâturent les autres plantes puis consomment le colza avec de plus en plus d’appétit. L’apport de concentré et de fourrage sec est inutile. On peut compter un niveau de chargement de l’ordre de 30 à 40 agneaux par hectare.

Parcellaire adapté

Les dérobées apportent donc de nouvelles solutions à la conduite alimentaire d’automne. C’est un bon moyen pour réduire les dépenses en concentrés tout en conservant des performances techniques optimales.

L’utilisation des cultures dérobées nécessite, tant au niveau de l’implantation de la culture que de la récolte ou de la distribution, un minimum d’organisation et de moyens matériels. Sauf dans le cas d’un pâturage exclusif. L’utilisation d’un colza fourrager nécessite un parcellaire adapté. En effet, en cas de pâturage, les parcelles de colza ne peuvent être trop éloignées des bâtiments. La portance des sols est à prendre en compte dans le choix des parcelles tant pour le pâturage (boiterie) que la récolte mécanique. "

sarahya81
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